Association Les Amis de la Mesure
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Introduction Partie I Partie II Partie III Partie IV Bonus Annexes

L'école supérieure de métrologie à Paris

Sommaire :

Roger SEITÉ
Ingénieur général des instruments de mesure honoraire

L'école supérieure de métrologie à Paris

L'école supérieure de métrologie a été essentiellement chargée de la formation des agents du service des poids et mesures (devenu en 1946 le service des instruments de mesure), mais elle est loin d'être aussi ancienne que le service lui-même. On peut considérer que ce dernier a été créé, sous sa forme « moderne », par l'ordonnance du 17 avril 1839, qui institue un corps de vérificateurs des poids et mesures, à raison d'un vérificateur par arrondissement, et en précise les missions et le mode de recrutement.

Les vérificateurs sont recrutés par des examens organisés dans chaque département. Ils doivent, pour se présenter, avoir un âge minimum de 25 ans. Le jury d'examen doit comprendre un employé supérieur de l'administration, un ancien élève de l'école polytechnique et des professeurs de facultés, écoles ou collèges royaux (nous sommes en 1839). L'examen comporte un écrit (composition écrite et calcul) et un oral.

Le programme est schématiquement le suivant :

  • arithmétique : fractions, proportions, système décimal;
  • mécanique : statique, leviers, théorie de la balance, connaissance des balances du commerce;
  • physique : température, pression, pesanteur; chimie : oxydation des métaux;
  • lois et règlements sur les poids et mesures.

Ce dernier point est important : les vérificateurs, ayant au départ une bonne connaissance des règlements qu'ils doivent appliquer et des techniques de la métrologie, en particulier du pesage, peuvent se contenter, pour exercer correctement leurs fonctions, d'une formation pratique dispensée par leurs chefs de bureau. La formule présente toutefois l'inconvénient de favoriser le succès à l'examen de spécialistes des métiers de la métrologie, d'anciens balanciers par exemple, ouvrant ainsi la porte à de possibles conflits d'intérêt.

Un nouvel arrêté, en 1895, remplaça les examens départementaux par un examen national et renforça les programmes, particulièrement en physique. Puis une circulaire ministérielle et un arrêté conjoint du 24 septembre 1925 instituèrent un examen professionnel de fin de stage portant sur les connaissances techniques et administratives qu'il est indispensable à un vérificateur de posséder. Cet examen intervient dans le cours du 18e mois suivant l'entrée en fonction comme vérificateur-adjoint et comprend :

  • une épreuve écrite avec rédaction d'un procès-verbal;
  • des épreuves pratiques (vérification primitive, vérification périodique, visite de surveillance);
  • trois épreuves orales (sur un programme figurant en annexe) et deux sur la technique des instruments de pesage et les matières technologiques.

Le programme annexé porte sur les lois et règlements, l'organisation du service, les taxes, les fraudes, etc., et la partie technique sur les poids et les mesures, les instruments de pesage, les appareils métreurs, la mesure des hydrocarbures, etc.

Cette organisation semble avoir fonctionné à la satisfaction de tous pendant plus de quatre-vingts ans, puis, soudain, on voit poindre une grande effervescence autour de la nécessité de réformer et surtout de renforcer le service des poids et mesures. À cela on peut imaginer diverses causes, parmi lesquelles le développement technique et la complexification des instruments à vérifier, mais aussi la création, dans les pays voisins, de nouveaux services dotés de laboratoires. Elle peut aussi être considérée comme la suite des conclusions d'une commission de refonte des règles relatives à la construction et à la vérification des appareils et instruments de mesure, présidée par le physicien Alfred Pérot. On note également avec inquiétude un tarissement progressif du recrutement des vérificateurs à partir de 1923.

Ce mouvement n'a pas manqué de se manifester à l'intérieur même du service par des demandes de réorganisation de la part des syndicats de vérificateurs, en particulier avec la parution dans la revue de métrologie d'articles rédigés par M. Abel, articles où sont proposées une formation d'ingénieurs des poids et mesures s'étalant sur trois ans et la soumission au contrôle du service, des instruments automatiques, des instruments de mesure électrique, etc.

Il semble aussi qu'une pression forte soit venue de l'extérieur, avec la mobilisation des chambres de commerce et des articles de presse qui paraissent par exemple dans Le Temps des 26 et 27 juillet 1928. L'assemblée générale des présidents des chambres de commerce insiste vivement, lors de sa séance du 6 novembre 1928, pour que la réforme du service des poids et mesures soit mise en oeuvre rapidement.

En fait, cette dernière est déjà sur les rails depuis plusieurs mois et va se traduire en particulier par l'instauration d'un corps d'ingénieurs des poids et mesures et la création de l'école supérieure des poids et mesures.

Les effectifs du service des poids et mesures, qui comptaient jusqu'alors 6 vérificateurs en chef et 344 vérificateurs, vont passer à 12 vérificateurs en chef, 40 ingénieurs et 260 vérificateurs. Un premier concours de recrutement d'ingénieurs a lieu en 1929 pour quatre postes : les quatre candidats reçus à ce concours, qui furent donc les premiers élèves de l'école supérieure des poids et mesures, étaient Messieurs Gosselin, Dolimier, Krach et Viaud.

L'école supérieure des poids et mesures fut créée par décret du 26 avril 1929. Ce décret fixe les indemnités du directeur et des professeurs et prévoit qu'elle sera installée dans les locaux de l'école nationale des arts et métiers de Paris. Le premier directeur en sera M. Lemoine, professeur au Cnam, membre du bureau national scientifique et permanent des poids et mesures et de la commission de métrologie usuelle.

Deux ans plus tard, en 1931, l'école est installée au 2e étage de l'immeuble sis au 66 rue de Bellechasse. Elle y possède plusieurs laboratoires : mesures géométriques et masses, optique géométrique, chaleur, résistance des matériaux, électricité, mesures électriques, optique physique, mécanique, chimie. En 1934, un arrêté instituant un service du matériel des poids et mesures transfère à ce service la charge et l'entretien de ces laboratoires.

En 1945, l'école supérieure des poids et mesures continue à ne former que les ingénieurs, le recrutement des vérificateurs s'effectuant toujours conformément aux anciens textes. Un arrêté du 7 juin 1945 réactualise le programme du concours de recrutement de ces derniers. Il comporte :

  • arithmétique, algèbre, géométrie, trigonométrie, mécanique, physique, chimie;
  • droit administratif et pénal;
  • lois et règlements dont le service est chargé, plus ceux de la répression de fraudes, etc.

Le concours comporte des épreuves écrites et orales ainsi que des opérations pratiques d'un quart d'heure sur la vérification d'un poids, d'une mesure et d'une balance. S'y ajoutent la lecture d'un dessin et la confection d'un schéma d'instrument de pesage ou de l'un de ses organes.

Le décret du 7 mai 1946 marque une nouvelle étape importante pour le service auquel il donne son nouveau nom de « service des instruments de mesure », reconnaissant par là sa vocation à vérifier toutes sortes d'instruments nouveaux. Ce décret fixe en particulier le statut des fonctionnaires du service des instruments de mesure, les ingénieurs (qui existent déjà), les inspecteurs (nouvelle dénomination des vérificateurs) et les agents de vérification. Il prévoit aussi que les agents des deux premiers corps seront assermentés.

Un autre décret du 7 mai 1946 fixe l'organisation et le fonctionnement de l'école supérieure de métrologie (qui change donc aussi d'appellation). La durée des études y est d'une année, tant pour les ingénieurs élèves que pour les inspecteurs stagiaires.

Le programme porte sur :

  • la construction, la vérification et l'utilisation des instruments de mesure;
  • le rappel et l'extension des connaissances théoriques nécessaires aux élèves;
  • l'acquisition de connaissances juridiques;
  • l'étude des textes réglementaires.

M. Barbieux est nommé directeur de l'école supérieure de métrologie à compter du 1er janvier 1949. Sa formation juridique lui permet de prendre en charge les affaires juridiques du service (« section technique E »), attribution qui restera attachée à l'école pendant de nombreuses années.

Enfin l'organisation du service des instruments de mesure sera complétée par le décret du 7 avril 1959 créant un corps d'adjoints techniques des instruments de mesure qui, eux, contrairement aux agents de vérification, seront assermentés, et suivront une scolarité de six mois à l'école supérieure de métrologie.

L'école supérieure de métrologie fut dorénavant organisée en trois « degrés » de formation, correspondant aux trois corps principaux des personnels du service : ingénieurs, inspecteurs et adjoints techniques.

Toutefois, assez vite, les ingénieurs cessèrent de suivre les cours de l'école elle-même. L'école supérieure de métrologie n'avait donc pour rôle que leur prise en charge administrative, leur scolarité se déroulant, sur deux ou trois ans, dans une école d'application susceptible de leur délivrer un diplôme d'ingénieur : l'école nationale supérieure des télécommunications fut beaucoup mise à contribution, mais aussi celle des mines de Paris et quelques autres, au hasard des opportunités et des affinités des candidats.

La scolarité des adjoints techniques et des inspecteurs se déroulait sur dix-huit mois pour les deux corps, mais avec une différence significative : pour les adjoints techniques stagiaires, six mois à l'école et un an de stage sur le terrain dans les bureaux de métrologie, et l'inverse pour les inspecteurs stagiaires, qui suivaient des cours à l'école pendant un an et accomplissaient un stage de six mois en bureau de métrologie. En fin de stage, des examens organisés à l'école permettaient d'établir, pour les deux corps, un classement final, en tenant compte des notes obtenues en cours de scolarité et des appréciations recueillies au cours du stage, de titulariser les stagiaires et élèves et de leur attribuer une première affectation en fonction des besoins formulés par la direction du service.

Permettons-nous ici une digression pour parler du mode de recrutement de ces trois catégories de personnel, qui n'était pas sans influence sur la structure même de l'école. C'est l'administration générale du ministère qui avait la haute main sur ce recrutement, même si l'école y était associée, ainsi que d'autres personnels du service, comme membres du jury et examinateurs en particulier. Il s'agissait en effet de recruter des fonctionnaires et non spécifiquement des élèves d'une école. Les recrutements se faisaient donc normalement sur concours, comme il se doit pour l'entrée dans la fonction publique, au niveau du baccalauréat scientifique pour les adjoints techniques, de la deuxième année d'université scientifique ou des classes de mathématiques spéciales pour les inspecteurs, de la maîtrise (licence autrefois) ou des grandes écoles d'ingénieurs pour les ingénieurs, les anciens élèves de l'école polytechnique étant les seuls à pouvoir être admis sur titre. Il arrivait souvent que les qualifications des candidats soient largement supérieures à celles qui étaient exigées par les textes, surtout dans les périodes de difficultés économiques. On évoquait encore à mon époque tel concours organisé quelques années avant la seconde guerre mondiale, afin de recruter un ingénieur, auquel il se présenta quelque cinq cents candidats.

Les choses peuvent paraître simples, telles que décrites ci-dessus, mais il faut savoir qu'il existait trois modes de recrutement pour chaque niveau : par concours externe, concours interne et examen professionnel. Les épreuves des concours internes, ouverts à des candidats ayant quelques années d'ancienneté dans l'administration, devaient impérativement être distinctes de celles des concours externes. Les programmes étaient d'ailleurs souvent différents bien qu'en principe de même niveau. Les conditions d'admission aux examens professionnels étaient encore différentes, avec des exigences d'ancienneté importantes dans le service lui-même (par exemple comme adjoint technique pour l'examen professionnel d'inspecteur, ou comme inspecteur pour celui d'ingénieur) et une bonne connaissance des techniques qui y étaient pratiquées. D'autres part, les candidats reçus à ces examens professionnels étaient titularisés immédiatement et n'avaient donc pas à suivre la scolarité de l'école supérieure de métrologie.

L'exemple du recrutement dans le corps d'ingénieurs mérite d'être cité et décrit pour son originalité et sa souplesse. Les postes à pourvoir étaient répartis sur trois collèges : un tiers à la sortie de l'école polytechnique, un tiers au concours externe et un tiers au concours interne. Puis, lorsque neuf ingénieurs avaient été titularisés, un dixième poste pouvait être pourvu par recours à l'examen professionnel. Si l'un des collèges (X, externe ou interne) s'avérait défaillant et ne pouvait fournir son quota d'un tiers, il pouvait être fait appel à l'un des autres pour combler le déficit. L'inconvénient de la méthode était qu'elle ne donnait pas toujours des résultats raisonnablement équilibrés : après des recrutements orientés plutôt vers les concours internes au départ, à raison de deux ou trois ingénieurs par an, on a soudain vu arriver une promotion de sept polytechniciens la même année.

Avec le recul du temps, ce mode de recrutement, dont je soupçonne qu'il n'était pas très répandu dans les autres corps de l'État, me paraît de facture tout à fait moderne, en raison de la richesse qu'une telle diversification des origines des ingénieurs pouvait apporter à un service qui avait besoin de talents et de compétences très divers. Un autre effet bénéfique de ce type de recrutement a certainement été d'éviter à notre service un caractère trop élitiste : la leçon vaut certainement d'être méditée encore aujourd'hui.

Lorsque je pris les rênes de l'école supérieure de métrologie au milieu des années soixante-dix, un changement de vocabulaire était intervenu, les adjoints techniques étaient devenus des techniciens de la métrologie et les inspecteurs des ingénieurs des travaux métrologiques. Les choses n'avaient pas beaucoup changé pour l'accueil et la formation des techniciens et des ingénieurs. En revanche, la formation des ingénieurs des travaux métrologiques avait été totalement renouvelée et mise au niveau de celle des autres corps des ingénieurs des travaux de l'État, grâce à l'action de mon prédécesseur Maurice Ambard et de son équipe. L'école s'était mise en mesure de pouvoir délivrer un diplôme d'ingénieur à ses élèves. Cela avait exigé un bouleversement total de la scolarité, avec un allongement de celle-ci à trois ans, lequel avait entraîné une modification des statuts du corps. Le niveau du recrutement et les modalités des concours d'entrée n'avaient pas été fondamentalement modifiés. L'énoncé des programmes de ces concours s'en trouvait même simplifié car il suffisait de se référer à celui des autres concours d'entrée aux autres grandes écoles d'ingénieurs. Cela ne changeait que peu de choses pour le concours externe mais la commission du titre d'ingénieurs avait, légitimement, exigé que le programme du concours interne soit identique, ce qui le rendait de fait moins accessible, même si les épreuves continuaient à être séparées. Il fallut aussi compléter la liste des épreuves, par exemple par des épreuves de langues étrangères, une petite révolution dans la métrologie, légale en particulier, où la langue française demeurait la langue officielle, ou au moins traditionnelle, dans nos rapports avec les services étrangers.

Il m'échut donc la tâche de mettre en oeuvre les conséquences de ce bouleversement. Toutefois, malgré sa grande sagesse (ou à cause de sa grande sagesse), l'administration n'avait pas prévu les moyens d'un fonctionnement normal d'une école d'ingénieurs. L'école était alors installée dans les locaux que beaucoup d'anciens ont connus au 96 de la rue de Varenne, où elle avait pris la place, en même temps que la première circonscription métrologique, de la direction du service et de plusieurs sections techniques. On peut encore lire aujourd'hui, au-dessus du porche d'entrée du 96, l'inscription mal effacée « BVREAV CENTRAL DES POIDS ET MESVRES » qui témoigne de la présence ancienne (faut-il dire historique ?) du service dans cet immeuble. Trois salles de classe avaient été aménagées dans ces locaux pour une vingtaine d'élèves chacune. Trois salles de classe, c'est exactement ce qu'il fallait pour les trois promotions des élèves ingénieurs des travaux : mais alors, où mettre les techniciens stagiaires, régulièrement présents à l'école tous les ans pendant six mois. La solution géniale (qui en eut l'idée ?) fut de consacrer la totalité de la troisième année à un stage pratique de longue durée. La scolarité des élèves ingénieurs des travaux métrologiques se déroulait donc ainsi :

  • 1re année : cours théoriques généraux (mathématiques, physique, électronique, informatique, statistiques, etc.) destinés à compléter les connaissances acquises en classe de mathématiques spéciales et à donner les bases nécessaires aux cours de seconde année;
  • 2e année : introduction aux métiers de la métrologie, légale en particulier, dans la continuité du programme de l'enseignement d'avant la réforme, mais en n'oubliant pas les innovations nombreuses auxquelles le service était confronté;
  • des stages courts pendant ces deux années, pour que les élèves puissent se frotter aux réalités de l'industrie d'une part, de leur futur métier d'autre part;
  • 3e année : un stage long consacré à un travail personnel à caractère métrologique, mené dans un laboratoire ou chez un industriel et donnant lieu à soutenance devant un jury.

C'est ainsi que fonctionna pendant plusieurs années cette école d'ingénieurs, dans des locaux inadaptés, avec un budget insignifiant, sans personnalité juridique, sans corps professoral et sans laboratoires propres (si ce n'est, mais ils n'appartenaient pas à l'école, ceux de la section technique « matériel »). Sur ce sujet des laboratoires, l'école et le service des instruments de mesure en général doivent une grande reconnaissance aux constructeurs d'instruments de mesure de la région parisienne qui, pendant de longues années, ont mis leurs moyens d'étalonnage au service de l'école et de ses élèves, tant techniciens qu'ingénieurs des travaux.

On pourrait évoquer encore bien d'autres sujets, par exemple le soutien apporté par l'école en matière de préparation aux concours internes et examens professionnels, mais je ne voudrais pas clore ce survol des activités de l'école sans évoquer son rôle dans la formation de nombreux élèves et stagiaires étrangers, qui sont devenus par la suite les agents compétents et les cadres des services de métrologie de leurs pays respectifs, et souvent des ambassadeurs de la métrologie française dans leurs pays. Il s'agissait, dans leur grande majorité, de ressortissants de pays francophones d'Afrique et du Proche-Orient. Leur cursus était le même que celui des élèves français. Malgré des conditions de séjour en France difficiles (merci tout de même au centre international des étudiants et stagiaires dont les bourses leur permettaient de survivre), les résultats étaient satisfaisants dans l'ensemble grâce à leur travail et à leur motivation. Nombreuses ont été les nationalités représentées à l'école, mais je tiens à souligner l'effort accompli les dernières années par le Maroc et par le directeur de son service de métrologie, M. Benkirane, lui-même ancien élève de l'école. Ce dernier réussit à recruter plusieurs promotions d'élèves ingénieurs des travaux métrologiques marocains, avec le niveau adéquat pour accéder à l'école sur titres (grâce aux équivalences des diplômes français et marocains), de sorte que le Maroc peut se targuer aujourd'hui d'être le seul pays, avec la France, à posséder des ingénieurs diplômés de l'école supérieure de métrologie.

Anecdotes

L'ESM

En janvier 1951, j'intègre l'École Supérieure de Métrologie, un peu surpris de me trouver dans ce Service des Instruments de Mesure, dont mes parents commerçants redoutaient le passage. Le provincial que je suis savoure la découverte de Paris et la camaraderie de mes compagnons de promo. Je réaliseque dans ce Service les agents se connaissent et forment comme une grande famille.

L'après midi, nous avons des travaux pratiques ou des visites d'établissements.

Notre accompagnateur habituel, M. Defix, se plaît à nous conter l'histoire de Paris, Il agrémente ses récits d'anecdotes savoureuses prises dans l'actualité ou dans la vie de personnages illustres. Le cours de pesagede M. Viaud, le chef du Service, est émaillé d'intéressantes digressions philosophiques.

L'après-stage

Après un stage de 6 mois à Rouen ma vie d'Inspecteur des Instruments de Mesure commence à Evreux le 1er juillet 1952. Le bureau est dans un baraquement en bois mal isolé, situé à proximité de halles couvertes. Je découvre avec mes tournées la vie économique de tout le département de l'Eure. Dans la vallée de l'Avre, j'effectue le contrôledes bascules et grosses balances Roberval ou Béranger dans quelques entreprises de ferronnerie où l'on fabrique des pièces pour selles, harnais et attelages. Certains ateliers datent de la fin du XIXe siècle, ils comportent une grosse charpente en bois et des grues tournantes en bois équipées de mouffles pour lever ou déplacer les charges.